ENSEMBLE VOCAL DE NANTES Ensemble vocal associant choristes amateurs et chanteurs professionnels dans un répertoire allant du Baroque au Contemporain.

Ouest-France : Ensemble vocal : quarante ans et toutes ses voix – Nantes

16 novembre 2010

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Quel est le point commun entre l’Ensemble vocal de Nantes et les Tri Yann ? À quelques mois d’intervalle, les deux institutions nantaises fêtent leurs quarante ans d’existence. On se souvient même qu’elles ont partagé l’affiche d’un concert avec l’ONPL, en juillet 2004, à la Cité des congrès ! Enfin, à l’instar des trois Jean, les fondateurs de l’Ensemble vocal, Philippe Soudy (son président) et Paul Colléaux, son chef (photo), sont restés fidèles à leur entreprise depuis septembre 1970.

À l’époque, elle s’appelle l’Ensemble vocal universitaire de Nantes et inscrit Brahms, Debussy, et Poulenc au programme de ses premiers concerts. Quatre ans plus tard, l’Ensemble a déjà gagné trois prix internationaux de chant choral, dont le prix Arezzo (Italie). 1981 marque un tournant vers la musique baroque. « On était les pionniers de la redécouverte de cette musique pour choeur et orchestre. » En 1985, l’enregistrement de la Messe de Charpentier vaut à l’Ensemble le Grand Prix de l’Académie du disque lyrique.

À partir de 1995, son destin est indissociable de la Folle journée (plus de cinquante concerts à Nantes et en région). « Dès la première année, René Martin me donnait l’Orchestre d’Auvergne, le plus bel orchestre de France, et quatre solistes allemands ! » Indissociable aussi de Stradivaria (72 concerts) et fidèle du festival du Printemps des arts jusqu’en 2003. Avec un petit détour par le répertoire contemporain et la création mondiale d’oeuvres du compositeur Olivier Penard entre 2004 et 2006.

Le niveau des chanteurs (seize professionnels et seize amateurs) est resté au plus haut et l’exigence du chef n’a pas molli : « Savoir déchiffrer à vue jusqu’à Stravinsky et passer une épreuve d’allemand et d’italien. » La conquête la plus ardue reste celle du public. « Il faut évoluer, on n’est plus au temps des Frères Jacques. Mais je suis sûr qu’on a encore besoin de Mozart ! » En janvier, Paul Colléaux devrait diriger huit voix d’hommes et un pianiste dans un programme Schubert au Pannonica. Et au printemps, un concert Purcell autour du Roi Arthur.

Isabelle LABARRE.